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Arts plastiques

Les fondements de la sophrologie : origines, degrés et déroulé d'une séance

  • Fiche du

D'où vient la sophrologie, ce que disent ses trois principes et ses douze degrés, comment se déroule une séance, et ce qui la distingue du yoga.

Une méthode née à l'hôpital

La sophrologie n'est pas née dans un cabinet de bien-être. Alfonso Caycedo, neuropsychiatre colombien installé en Espagne, commence à la mettre au point en 1960 dans un service hospitalier de Madrid : il cherche un moyen d'entraîner la conscience de ses patients sans recourir systématiquement à l'hypnose profonde ni aux médicaments lourds. Le nom qu'il forge sur le grec se lit comme un programme : sôs, harmonieux, phrên, la conscience, logos, l'étude ; soit l'étude de la conscience en équilibre.

Pour construire sa méthode, Caycedo emprunte à la phénoménologie, l'attention portée à ce qui se vit ici et maintenant sans le juger, puis, lors de séjours en Asie, à plusieurs techniques corporelles : le yoga indien, le bouddhisme tibétain, le zen japonais. Il en retire les cadres religieux et philosophiques pour n'en garder que des procédures d'entraînement : des mouvements courts associés à la respiration. L'article encyclopédique consacré à la sophrologie retrace cette genèse hospitalière et les débats que la méthode a ouverts depuis.

La branche fondatrice s'appelle la sophrologie caycédienne, du nom de son auteur : c'est la filiation qui revendique la méthode dans sa forme d'origine, face aux nombreuses écoles postérieures qui en ont fait des versions plus ou moins proches. De l'Espagne, la pratique gagne l'Amérique latine puis la francophonie dans les années 1970 et 1980, d'abord par les hôpitaux et les services de soins, avant de se diffuser vers les cours du soir et les catalogues d'ateliers.

Les trois principes

Toute la méthode tient dans trois principes que les séances appliquent sans cesse.

L'intégration du schéma corporel en conscience
La pratique part du corps réellement vécu : sensations, tensions, appuis au sol. On ne travaille jamais sur l'idée qu'on se fait du corps, mais sur ce qui s'y passe.
Le principe d'action positive
Ce qui se pose sur la conscience retentit sur le corps, et inversement. Un geste répété avec intention, une image convoquée volontairement, modifient l'état général.
Le principe de réalité objective
S'entraîner à voir les choses comme elles sont, sans les juger ni les embellir. C'est la partie la plus simple à énoncer et la plus longue à acquérir.

Pour prolonger ces repères, le magazine Sophrologie & Détente consacre un dossier complet aux fondements de la méthode caycédienne : origines, trois principes, douze degrés et exercices de respiration à tester chez soi. Le site ne vend aucune séance et rappelle que la pratique ne remplace ni un diagnostic ni un traitement.

Les douze degrés, trois cycles

La progression caycédienne s'organise en douze degrés regroupés en trois cycles de quatre. Le premier cycle, degrés un à quatre, travaille la conscience du corps : concentration sur les appuis, les sensations, les différentes zones corporelles. Le deuxième cycle, degrés cinq à huit, s'ouvre aux contenus de la conscience : les phénomènes vécus, les valeurs, le rapport au temps. Le troisième cycle, degrés neuf à douze, porte sur la représentation, la manière dont la conscience se figure les choses.

En pratique, un groupe de cours du soir travaille pendant des mois sur les premiers degrés, et c'est normal : les douze degrés dessinent la carte d'une progression complète, pas un programme à terminer en une année. Les exercices qui les portent s'appellent des relaxations dynamiques : des mouvements lents, debout ou assis, synchronisés à la respiration, jamais tenus comme des postures.

Groupe d'adultes debout en demi-cercle dans une salle lumineuse, yeux fermés et bras relâchés le long du corps, pendant un exercice de respiration guidé.
Les relaxations dynamiques se pratiquent debout ou assis, en mouvements courts synchronisés à la respiration. Aucune posture n'est tenue.

Une séance, minute par minute

Une séance collective dure environ une heure et suit presque toujours la même architecture. Le sophrologue ouvre par un temps de dialogue où chacun dit son état du jour. Puis il guide de la voix, ce que la méthode appelle le terpnos logos, une série de relaxations dynamiques : mouvements lents des épaules, des bras, du souffle, entrecoupés de pauses d'intégration silencieuses où chacun laisse ce qui vient de se passer se déposer.

La séance se referme par la phénodescription : chacun qui le souhaite dit en quelques mots ce qu'il a vécu, sans que personne ne le commente. Ce moment n'est pas décoratif : c'est lui qui apprend à formuler le vécu plutôt que l'idée qu'on s'en fait. On repart ensuite avec l'annonce du prochain thème de travail.

Les formats varient peu d'une structure à l'autre. La séance individuelle, plus courte, travaille un objectif précis : un rendez-vous qui approche, une difficulté ponctuelle. Le groupe hebdomadaire reste la forme la plus courante dans les associations et les cours du soir. Les ateliers ponctuels servent de découverte, souvent lors des forums de septembre. Aucune tenue particulière n'est requise : on pratique en vêtements ordinaires, parfois pieds nus, jamais allongé par obligation.

Le premier rendez-vous ne demande rien de spécial : ni souplesse, ni expérience, ni aptitude particulière à la relaxation. La seule consigne qui revient est de laisser venir ce qui vient sans chercher à bien faire, ce qui déroute souvent les adultes habitués aux cours notés.

Sophrologie et yoga : ce qui les sépare

La comparaison vient naturellement, puisque Caycedo a lui-même emprunté au yoga. Pourtant les deux pratiques n'attendent ni le même corps, ni le même cadre.

Ce qui distingue la sophrologie du yoga en pratique
PointSophrologieYoga
OrigineMéthode mise au point à partir de 1960 en milieu hospitalierTradition indienne plurimillénaire, aux écoles multiples
Travail du corpsMouvements brefs synchronisés à la respiration, jamais tenusPostures tenues, enchaînements parfois exigeants
ViséeEntraîner la conscience, relâcher les tensions, vivre le présentDiscipline d'union du corps, du souffle et de l'esprit
CadreSéance guidée en français, sans référent religieux affichéSelon les écoles, dimension philosophique ou spirituelle possible
EffortAucune performance : la méthode refuse l'idée de réussirSelon le style, demande physique réelle

Concrètement, cela tranche deux cas fréquents : celui qui veut une pratique douce sans exigence physique ni cadre spirituel trouvera son compte en sophrologie ; celui qui cherche une discipline corporelle complète, avec postures et tradition, regardera plutôt le yoga.

Ce que la sophrologie n'est pas

Trois clarifications valent d'être faites avant toute inscription. La sophrologie n'est pas un traitement médical : elle accompagne, elle ne soigne pas, et aucune douleur chronique ne se confie à elle seule. Elle n'est pas non plus une thérapie au sens clinique, même si des soignants s'y forment. Enfin, le titre de sophrologue n'est pas protégé en France : n'importe qui peut s'en dire titulaire, et la vraie question à poser porte donc sur la formation suivie, sa durée et son école.

La bonne question n'est pas « êtes-vous sophrologue » mais « où et combien de temps vous êtes-vous formé ». Une structure sérieuse répond en une phrase.

Repère de lecture

Pour aller plus loin

Un atelier de sophrologie proposé en cours du soir suit les mêmes démarches que n'importe quelle activité du carnet : pièces du dossier, assurance, calendrier des inscriptions. La fiche S'inscrire et trouver les horaires les reprend une fois pour toutes. Et pour celles et ceux qui cherchent plutôt une pratique corporelle, la rubrique Danse et corps compare ce que chaque esthétique demande.

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